


Le quatrième niveau de la pyramide se partage en deux groupes d’aliments, essentiellement d’origine animale
Les produits laitiers comme les laits divers, les laits fermentés, les yaourts et les fromages qui sont d’excellents aliments qu’il faudra, dans le cas de la P.R., gérer avec intelligence.
Le fil conducteur de cette famille, c’est un apport en protéines de bonne qualité et de bonne biodisponibilité ainsi que d’excellents apports calciques. Or, on sait que les traitements aux corticoïdes sont des grignoteurs d’os.
Donner la préférence aux produits demi-gras ou écrémés plutôt qu’aux produits gras afin de diminuer l’énergie lipidique mais encore davantage afin de réduire les graisses saturées. Ces dernières sont très athérogènes, mal qui guette précocement les patients atteints de PR.
Les produits laitiers maigres fermentés par des micro-organismes vivants ou probiotiques, qui acidifient le lait en transformant le lactose ou sucre de lait en acide lactique, agissent bénéfiquement tant par leur pauvreté en graisses saturées, cholestérol et sel que par leur richesse confortable en calcium et en micro-organismes qui augmentent l’immunité, régulent la flore intestinale et assainissent la muqueuse colique.
Les fromages sont choisis pour leur saveur mais nous conseillons d’en manger chaque jour une portion à côté d’un minimum de 250 ml de lait, plus 250 ml de yaourt. Donner la préférence aux fromages blancs, aux fromages frais et à tous les autres en veillant à choisir les fromages étiquetés pour les matières grasses +/- 30 % de matières grasses sur extrait sec (E.S.).
L’ensemble des produits laitiers sans ajout de sucre colle parfaitement avec une glycémie
capricieuse et une surcharge pondérale.
La seconde famille alimentaire, d’origine animale
regroupe les viandes, volailles, poissons et oeufs.
Les viandes ont été très souvent exagérément anoblies dans nos cultures. Nous proposons des rations raisonnables de l’ordre de 100 g par jour.
Dans le cas de la P.R., nous conseillons de choisir des petites rations de VVP de bonne qualité, de préférence maigres ou mi-grasses et de les cuisiner à l’huile et avec peu ou pas de sel mais avec des ajouts d’herbes et épices.
Les graisses des VVP ne sont pas toutes qualitativement superposables et dans le cas qui nous préoccupe, il faut privilégier les poissons puis les volailles et enfin les viandes blanches.
Du poisson frais ou surgelé à gogo, c’est un bon conseil, car les poissons sont souvent maigres et les graisses sont spéciales. Elles contiennent des acides gras hautement polyinsaturés de la série 3, qui ont un effet favorable sur les lipides sanguins (! du LDL-C) mais aussi sur le processus inflammatoire.
Les volailles comme le poulet (sans peau), la dinde (filet-rôti), le pintadeau, le canard d’élevage, le haché de volaille sont généralement peu grasses et elles sont plus riches en acides gras insaturés que saturés. C’est un avantage sérieux afin de freiner la progression de l’athéromatose.
Nous suggérons les fréquences hebdomadaires suivantes : au minimum 2 x du poisson, 2 x de la volaille, 1 x viande blanche, 1 x viande hachée, 1 viande rouge en préférant l’agneau au boeuf.
Les oeufs seront consommés à raison de 3 à 4 par semaine, en tenant compte de leur présence dans les pâtisseries, les sauces froides, etc.
La teneur en cholestérol, de 250 à 300 mg par oeuf, entraîne cette minime contrainte.
Le 5° niveau de la pyramide rassemble les matières grasses visibles
Le 5° niveau de la pyramide rassemble les matières grasses visibles soit d’origine animale pour le beurre, le saindoux, la graisse de boeuf, soit d’origine végétale pour les huiles et les matières grasses tartinables. Il faut apprendre à mieux les gérer quantitativement et à mieux les choisir.
Plus le poids est anormalement élevé, moins il faut en consommer !
D’un point de vue qualitatif, il faut réduire les graisses saturées comme les graisses laitières, les graisses végétales hydrogénées comme certaines margarines dures et privilégier les huiles et les matières grasses tartinables végétales et souples.
Certes, l’élixir de jouvence qu’est l’huile d’olive est bien connu mais il faut rappeler encore aux peuples d’Europe Centrale et du Nord ces bienfaits largement étudiés dans les pays méditerranéens.
Assaisonner et cuisiner les aliments à l’huile d’olive vierge assure la saveur.
Des apports en antioxydants comme les caroténoïdes, les composés phénoliques, la vitamine E contribuent à minimiser le processus inflammatoire.
De plus, l’huile d’olive (monoinsaturée) ménage le taux de cholestérol sanguin en réduisant le LDL-C ou mauvais cholestérol et tend à augmenter le HDL-C ou bon cholestérol.
Une bonne pratique est d’alterner l’usage de différentes huiles comme l’huile d’olive, l’huile de colza, l’huile de tournesol, l’huile de soja pour assurer les bons apports en acides gras insaturés et la vitamine E.
Cette dernière est un antioxydant puissant véhiculé presque exclusivement par les huiles mais aussi par les traces de graisses que l’on trouve dans les végétaux (fruits-légumes-céréales).
On peut aussi conseiller des mélanges d’huiles tels qu’ ISIO 4 R (oléisol-pépins raisins-colza-tournesol), Chartreuse R (arachide-tournesol-olive), Spring 4R (huile tournesol-oléisol-colza-pépins de raisins).
Certaines huiles végétales rares, caractérisées par des acides gras très particuliers (C18:3-6) dérivant de l’acide gras essentiel appelé linoléique N-6 telles que l’huile de bourrache, l’huile d’onagre, huile de cassis retiennent l’attention des chercheurs.
Ces huiles fines au demeurant, peuvent assurer un rééquilibrage des processus naturels qui, en cas de P.R., sont perturbés par le processus inflammatoire, par les corticoïdes, par l’âge, par des ajouts intempestifs de sucre.
Nous restons très prudents dans le domaine des ajouts d’huiles végétales spéciales, d’huiles de poisson : si intellectuellement c’est attractif, il faut savoir qu’actuellement les études chimiques offrent des résultats modestes.
De plus, les spécialistes de la micro-nutrition révèlent que les modifications de substrats de base peuvent générer des perturbations du bon fonctionnement biochimique et de la synthèse des homologues naturels.
A ce stade, nous rappelons qu’une alimentation saine doit couvrir les besoins en divers nutriments et que beaucoup de Belges ont une alimentation très pauvre en substances protectrices. Nous suggérons en cas de P.R. d’avoir au moins l’ensemble des nutriments couverts.
Nous proposons en fin d’article un modèle alimentaire à +/- 1.800 kcal et les apports nutritionnels recommandés en nutriments (Conseil national de la nutrition, 1996).
La pointe de la pyramide
Et enfin la pointe de la pyramide est habitée par des aliments non indispensables mais que l’on aime pour le plaisir sucré (biscuits, gâteaux), pour le plaisir onctueux (chocolat, crème fouettée), pour le plaisir croquant (chips, grills d’apéritif).
Ils ne sont pas interdits, mais leur densité énergétique importante et leur pauvreté en nutriments protecteurs font qu’ils doivent être consommés en petite quantité et à fréquence faible, d’autant plus s’il y a surcharge pondérale.
Les boissons alcoolisées sont positionnées à l’extérieur de la pyramide et ne sont pas indispensables au quotidien. S’il faut en choisir une, c’est le vin rouge qui est retenu car il jouit d’un effet protecteur par sa teneur en alcool, mais surtout par la présence de composés phénoliques qui agissent comme antioxydants. La consommation de 1 à 2 verres de vin au cours du repas est compatible avec une alimentation saine.
Dans le cadre de l’approche diététique de la P.R., on évoque le phénomène d'allergie ou de fausse allergie qui peut amplifier les symptômes inflammatoires. La consommation de vin peut exagérer le phénomène inflammatoire articulaire, soit parce que naturellement , il contient de l’histamine comme les vins blancs et les vins rouges, soit que parce que la concentration en éthanol, un individu sensible réagit à l’action histamino-libératrice de l’alcool.
D’autres aliments peuvent effectivement provoquer une réaction histamino-libératrice ; c’est le cas de la menthe, du blanc d’oeuf cru (tiramisu), des fromages " forts ", des saucisses sèches, de l’abus d’épices (cuisine corsée), des fruits exotiques.
Une alimentation riche en vitamine C peut réduire la sensibilité à l’histamine en favorisant sa dégradation.
L’éviction de certains aliments résultant de l’observation clairvoyante du patient peut contribuer à son confort, mais attention, l’allergie est un domaine complexe où le patient ne doit pas jouer à l’apprenti sorcier.
Une alimentation saine se construit au fur et à mesure du temps et aucun changement brusque n’est recommandé. La distribution des aliments se fait au cours des repas qui seront de trois avec une à deux collations.
Le fractionnement alimentaire favorise la maîtrise du poids, peut aider à corriger les troubles digestifs et à renforcer les apports protéino-caloriques si le patient est dénutri.
Une alimentation saine ne peut se concevoir que dans un contexte global qui intègre le plaisir de vivre et de manger en joyeuse compagnie comme de pratiquer un peu d’exercice ( en fonction des possibilités) au grand air, de se reposer même en cours de journée, d’évacuer le stress.
Modèle alimentaire
Petit déjeuner
2 parts de féculents, 2 tranches de pain gris (60g) ou 1 pistolet, un peu de minarine, confiture,fromage blanc (sur le pain), 1 part de fruit, 1 jus d’orange (100 ml), de pomme, de pamplemousse, café + lait, édulcorant si nécessaire
10 heures
1 part de lait et dérivés, un yaourt maigre aux fruits (125 ml)
Midi
1 part de légumes, 1 bol de potage de légumes divers (180 g), 2 parts de féculents, 1 portion de pdt (160 g) ou 40 g de riz cru ou pâtes ou 100 g de riz cuit ou 100 g de pâtes cuites, 2 parts de VVPO, 1 portion de poisson, volaille ou viande de 100 g, 2 parts de légumes, Carottes braisées (150 g), 2 c à c huile d’olive (cuisson), 1 c à s de crème (sauce), ½ part de lait, 1 dessert lacté : crème vanille (150g), 1 verre d’eau riche en calcium : Contrexéville.
Collation
1 part de pain, 1 tr. de pain complet (30 g), 1 peu de minarine, 1 part de fruit, 1 kiwi , 1 pêche ou ½ petit melon, 1 tasse de thé ou 1 tr. Citron.
Soir
une salade de laitue (25 g), 1 part de légumes, 1 tomate (100 g), 1 part de légumes maïs doux (50 g), 1 part de féculents, riz complet (20 g), persil, jambon cuit (25 g) émincé, 1 part de lait emmenthal (30 g), vinaigrette : huile en mélange (3c à c huile), vinaigre de vin, 2 parts de féculents, 2 tranches de pain complet (60 g), 1 part de fruit, 1 petite pomme, 1 verre d’eau riche en calcium
PARTS DE FECULENTS
80 g de pomme de terre ou purée (soit le volume d’un gros oeuf)
30 g de pain ou 1 tranche de pain carré (800 g)
20 g de céréales " petit déjeuner "
ou 1 petite boîte ou 5 c à s de corn flakes
ou 4 c à s de céréales chocolatées
ou 2 c à s de muësli
50 g (3 c à s) de riz cuit
ou 50 g de pâtes cuites soit le volume d’une balle de tennis
½ pistolet
60 g ou 2 c-à-s bombéesde légumineuses cuites
Portions conseillées par jour
160 g (2 parts) ou 240 g (3 parts) ou 320 g (4 parts) pour les pommes de terre
100 g (2 parts) ou 150 g (3 parts) ou 200 g (4 parts) pour les pâtes et le riz
150 g (5 parts) ou 200 g (7 parts) ou 300 g (10 parts) pour les pains
La cuisine est réalisée avec des aromates, des épices et peu ou pas de sel.
Ce modèle nous garantit :
30 % de lipides de l’énergie totale
17 % de protéines de l’énergie totale
53 % de glucides de l’énergie totale
35 g de fibres alimentaires
1250 mg de calcium
375 mg de magnésium
de la vitamine C
des antioxydants.
PARTS DE LEGUMES
100 g de potage de jus de légumes soit 1 louche ou ½ bol
100 à 125 g de scaroles (2 c à s), de courgettes (2 c à s)
des champignons (10 petits), des épinards hachés (2 à 3 c à s)
un chicon, 15 pointes d’asperges ,
une tomate (comme une balle de tennis) , 75 g de carottes (2 c à s)
de choux hachés (comme une balle de tennis),
1/2 d’aubergine, de tomates pelées (comme une balle de tennis)
50 g de choux de Bruxelles (± 5 pièces), de poireaux coupés (2 c à s),
du fenouil (un petit bulbe).
Portions conseillées par jour
Une portion de 2 à 3 parts de légumes cuits, 2 fois par jour.
Au moins 1 part de légumes servis en crudités, les verdures et les herbes aromatiques fraîches et crues peuvent être consommées à volonté
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